Comment trouver de l’or et prospecter dans les rivières en Afrique ?

C’est une réalité, il y a bien de l’or en Afrique. Même énormément. Au travers de mes voyages et de mes prospections, j’ai pu visiter un grand nombre d’endroits où l’or peut être trouvé très facilement. Mais j’ai pu remarquer également qu’il existe une constante qui réside dans l’idée que l’or se trouve plus facilement à proximité des cours d’eau.

Du coup, je souhaite aider les prospecteurs artisans, avec cet article, pour leur donner tout ce que je sais sur la prospection dans ou à proximités des rivières, des ruisseaux et des fleuves, car c’est la meilleure chance de trouver de l’or sans trop d’effort.

D’où vient l’or ?

Pour les chercheurs d’or, la méthode la plus simple consiste à explorer les cours d’eau aurifères, souvent situés à proximité de massifs montagneux. Cependant, la répartition des fleuves aurifères en Afrique est inégale, avec des gisements au Burkina Faso, en République Démocratique du Congo, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Bénin, en Guinée, au Niger, au Gabon et au Maroc, pour tous les pays francophone qui nous intéresse.

L’or provient de l’érosion, où l’eau emporte divers matériaux, dont ce métal précieux qui se retrouve dans les cours d’eau. À l’origine, l’or se forme lors de la naissance des montagnes, résultat des mouvements des plaques tectoniques générant des frictions et des pressions libérant une grande quantité d’énergie.

or alluvionnaire trouvé en rivière au sénégal
or alluvionnaire trouvé en rivière au sénégal

Sous forme de vapeurs avec des minéraux lourds comme le carbone, l’or se cristallise dans les veines et fissures de la roche géologique, souvent associé au quartz. L’érosion met à découvert les gisements, avec l’eau agissant sur la roche mère, libérant l’or sous forme de points, paillettes, grains et pépites d’or. Au fil des crues, ces matériaux se déplacent des montagnes vers les cours d’eau inférieurs.

L’or peut également se déplacer sous forme d’ions dissous dans des eaux acides, précipitant au contact de roches basiques telles que le schiste, sujet d’études actuelles.

Par où commencer pour trouver l’endroit où se trouve l’or ?

Si vous avez la chance de nous lire, c’est déjà un premier pas vers la réussite. La toute première étape pour savoir vers où aller sera de récupérer des informations sur internet. Hélas, en rédigeant cet article, et ce site internet, j’ai pu remarquer que les quantités d’informations se font rare sur la recherche d’or en Afrique. C’est pourquoi, nous avons plusieurs articles qui vous indiqueront quelques informations locales sur les différents pays d’Afrique francophone qui possèdent de l’or, la géologie de ces pays et les cours d’eau aurifères.

Hélas, lorsqu’on cherche de l’or, ça commence toujours par une enquête sur internet, voire en discutant avec des gens (pour ceux qui veulent bien vous dire quelque chose sur la présence d’or à tel ou tel endroit).

Comprendre le mouvement de l’or dans le courant de l’eau, dans une rivière

Rappelons les caractéristiques chimiques de l’or, à savoir sa masse volumique qui est de 19,3 g·cm³, c’est-à-dire qu’il faut pour un volume d’eau de 1, l’or est 19.3 fois plus lourd que ce volume d’eau : donc l’or est 19.3 fois plus lourd que l’eau. En considérant la masse volumique comme équivalente à la densité pour cette discussion sur les caractéristiques physiques, notre attention se tourne vers le poids d’une particule dans un milieu aquatique en mouvement, clé du problème.

La poussée d’Archimède s’applique également lorsque l’eau en mouvement déplace un objet. Le déplacement de cet objet dépend de la vitesse initiale de la poussée (ici, le courant), du volume de l’objet et de son poids. Sans obstacle, l’objet se déplace à différentes vitesses en fonction de son poids et de son volume.

Dans nos rivières Africaine, comme partout dans le monde, l’or est le métal le plus lourd, ce qui guide la prospection et l’extraction en prenant en compte cette caractéristique du poids de l’or. Il suit le courant le long d’une trajectoire appelée “la goldline” et peut se retrouver piégé. Cette goldline est composée de matériaux tout aussi lourds (ferrites, magnétites, hématies, l’or et d’autres débris ferreux) se déplaçant lentement selon la topographie. Ces matériaux sont parfois capturés par des obstacles naturels.

C’est précisément ce que nous explorerons par la suite, mettant en avant le rôle primordial du courant dans cette équation, basé sur le principe physique bien connu de la poussée d’Archimède. L’objectif n’est pas de montrer que l’or est mobile dans le courant (ça on le sait déjà), mais plutôt de comprendre le déplacement des sables lourds par rapport au reste des alluvions. Cela implique la lecture attentive de la “goldline”.

La “goldline” est le trajet suivi par l’or à travers le courant en raison de sa grande densité. Les crues peuvent altérer ce chemin en fonction du lit rocheux. Lorsque la crue se calme, les objets en mouvement se déposent dans des zones de basses pressions, où l’or, plus lourd, a tendance à s’accumuler. La présence de matériaux denses tels que le sable noir indique souvent la possibilité de trouver de l’or et forment par la suite des dépôts.

orpailleur guinéen au bord d'une rivière
orpailleur guinéen au bord d’une rivière

Les 4 types de dépôts d’or :

  • Les dépôts filoniens : De l’or natif sortant de la roche, souvent difficile à trouver en raison de sa localisation sous la terre végétalisée et on y trouvera souvent des pépites grâce à un détecteur de métaux.
  • Les dépôts anciens : Des dépôts alluvionnaires piégés dans des couches de graviers, parfois loin des cours d’eau actuels en raison des mouvements du paysage au fil des siècles. On retrouvera souvent ce genre de dépôts en Afrique et on les exploitera avec un détecteur de métaux le plus souvent.
  • L’or de crue : Plus de 15% de l’or exploité en Afrique provient de ce type, arraché d’un dépôt ancien ou natif et transporté par les crues, piégé dans des zones de ralentissement.
  • L’or dissout : L’or ionisé dans l’eau, se précipitant sous forme solide en présence de roches schisteuses, formant des petites pépites collées au schiste. Environ 5% de l’or en Afrique provient de cet or dissout.

Configuration des dépôts d’or en rivière

Méandres :

Les méandres génèrent une baisse de pression du courant, favorisant la formation de dépôts d’or sur la partie intérieure. Les bancs de graviers, appelés placiers, sur la berge intérieure, sont propices à la concentration d’or, surtout pendant les crues.

Rochers :

Les rochers en contact avec le courant créent des turbulences et des zones de basse pression, piégeant les matériaux lourds, dont l’or.

Obstacles en bord de berge :

Rochers, troncs d’arbres, ou tout obstacle sur la berge crée une opposition au courant, générant des tourbillons et des zones de dépôt.

Berges irrégulières :

Les variations de largeur du cours d’eau, comme l’effet Venturi, accélèrent et ralentissent le courant, favorisant la décantation des matériaux lourds, dont l’or.

Confluents :

La jonction de cours d’eau modifie la trajectoire de la goldline, créant des zones de basse pression et de dépôt d’or.

Bedrock (roche mère) :

La surface irrégulière du lit de la rivière, en contact avec la goldline, offre des prédispositions particulières pour piéger l’or. Les failles, fissures, et marmites dans le bedrock sont des endroits privilégiés pour trouver de l’or, en raison de la création de vortex, de zones de basse pression, et de décantation. Ici un détecteur de métaux ou un pinpointer est indispensable pour localiser l’or

Failles et fissures :

Les failles, grandes fissures, et fissures, plus petites, agissent comme des marmites en piégeant l’or à l’abri du courant. L’utilisation d’outils spécifiques est nécessaire pour extraire l’or de ces formations géologiques. Ici aussi, ce sera avec un détecteur de métaux que nous aurons plus de chance de localiser l’or natif.

orpailleur guinéen au bord d'une rivière en train de récolter de la terre aurifère sur une terrasse alluviale
orpailleur guinéen au bord d’une rivière en train de récolter de la terre aurifère sur une terrasse alluviale

Quel matériel faut-il utiliser pour chercher de l’or en rivière ?

Vous aurez besoin de quelques outils simples, mais indispensables : un pan américain ou une bâtée, une pelle, un petit crochet à failles, une pissette d’aspiration pour récupérer l’or, et une pompe à main pour aspirer des graviers dans l’eau. Oubliez la rampe, elle ne fera que vous faire perdre du temps.

Pourquoi une pompe à main ? Et pourquoi pas de tamis dans la liste ? Deux questions pertinentes.

La pompe à main est aussi indispensable que la bâtée, car elle permet d’explorer les bancs de graviers sous l’eau où l’or est plus abondant et de meilleure qualité. Facile à fabriquer soi-même à un prix abordable, elle devrait être un incontournable de votre équipement. Contrairement au tamis, qui n’est pas inclus dans cette liste, car en prospection, l’objectif est de déterminer l’endroit où le dépôt d’or est le plus important.

Vous pouvez également utiliser un détecteur de métaux spécialement conçu pour l’or afin d’une part de localiser la concentration possible de magnétites (constituant du sable noir) en veillant à ne pas enclencher la discrimination du fer, voire de rechercher directement les pépites d’or dans les fissures de bedrock, les potch de quartz, ou les rivières asséchées, très fréquent en Afrique.

Lors des prélèvements, testez du gravier brut avec un volume identique à celui dans le pan pour une comparaison précise. Voyagez léger en prospection, car vous parcourrez probablement beaucoup de chemin.

Comment prospecter une rivière correctement, qu’elle soit courante ou asséchée ?

Apprendre à lire la rivière est essentiel en orpaillage. Commencez par ressentir l’âme de la rivière, observez son comportement actuel et imaginez comment elle réagissait lors des crues passées.

Observez le courant, déterminant pour le transport de l’or. Analysez les zones d’accélération, de ralentissement, les fonds, la laminarité du courant, la présence de gros rochers, et imaginez comment l’eau se comporte pendant les crues. Examinez les bancs de graviers, en privilégiant les pièges naturels comme les failles, les trous, les gros rochers, et observez les minéraux tels que le quartz, les hématites, les morceaux de fer, ou les plombs de pêche, tous indicateurs potentiels de dépôts d’or.

Visualisez les dépôts en fonction de la végétation, des troncs d’arbres, et déterminez la limite maximale du niveau de l’eau. Les zones de végétation marquent souvent un ralentissement du courant, propice au dépôt d’or. Considérez la taille des grains déposés, sachant que les galets plus lourds peuvent indiquer la présence d’or de plus grande taille. Analysez les informations du niveau de l’eau dans le temps pour comprendre comment les bancs de graviers piégeaient les particules les plus lourdes lors des crues, formant des dépôts d’or.

Cette observation vous permet de dresser un schéma de la rivière et d’étudier son “âme”. Cette phase est cruciale pour prioriser les zones de prospection. Après cette analyse, vous devriez avoir une idée des endroits où débuter vos tests au pan. La pratique de l’orpaillage nécessite de comprendre où l’or se dépose, avec parfois des surprises en pratique malgré une théorie relativement simple.

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